Making policies work

Le moment est venu de repenser fondamentalement les relations ACP-UE

07-01-2016

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Le partenariat entre l’Union européenne (UE) et le groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) doit changer afin de rester pertinent après 2020.

Le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) a publié aujourd’hui une étude d’économie politique indépendante pour examiner ce partenariat qui lie 79 pays ACP à l’UE et qui mobilise un important budget de développement de 30,5 milliards d’euros.

Le partenariat actuel existe depuis plus de 40 ans et repose sur l’Accord de partenariat de Cotonou (APC), un accord juridiquement contraignant qui expirera en 2020.

« L’avenir du partenariat UE-ACP après Cotonou au-delà de 2020 est aujourd’hui au cœur des discussions et les enjeux sont considérables. Cependant, la pertinence actuelle et l’efficacité du partenariat sont remises en question », comme l’explique Ewald Wermuth, directeur de l’ECDPM.

L’ECDPM a entrepris cette étude dans le but de promouvoir un débat ouvert et bien informé.

L’étude révèle que le cadre actuel de l’Accord de partenariat de Cotonou n’est pas bien adapté pour faire face au nouvel agenda de développement mondial et que le bilan est assez mitigé quant à la concrétisation de plusieurs de ses engagements principaux.

« L’heure n’est plus aux affaires courantes lorsqu’il s’agit de repenser la relation ACP-UE. Quand ce partenariat a été mis en place il y a 40 ans, c’était alors tout à fait innovant. Néanmoins, le réel enjeu à l’heure actuelle consiste à être aussi novateur qu’à l’époque et à trouver de nouveaux dispositifs qui puissent générer des bénéfices pour toutes les parties et perdurer pour les 20 prochaines années », ajoute Wermuth.

« Ce qui fait défaut dans ce débat sont des preuves solides sur les pratiques concrètes de la coopération ACP-UE. Une analyse d’économie politique peut contribuer à combler cette lacune, puisque une telle analyse n’examine pas ce qui est souhaitable mais bien comment les choses fonctionnent dans la pratique et pourquoi il en est ainsi », explique Geert Laporte, directeur adjoint de l’ECDPM.

Il ressort de l’analyse d’économie politique que:

  • Le partenariat ACP-UE a perdu de son attrait au fil du temps et, à l’heure actuelle, l’Accord de partenariat de Cotonou (APC) constitue essentiellement un mécanisme d’aide dont la valeur politique et commerciale est limitée.
  • La performance globale du partenariat ACP-UE (au-delà de l’aide) est restée en deçà des attentes et les révisions successives n’ont pas été en mesure de remédier à l’écart majeur de mise en œuvre entre des ambitions louables et les pratiques actuelles.
  • Les dynamiques de globalisation et de régionalisation ont affecté sévèrement le champ d’application et la capacité à entreprendre une action collective entre les ACP et l’UE.
  • La valeur ajoutée du groupe ACP et de l’Accord de Cotonou est de moins en moins évidente, en comparaison avec d’autres acteurs clés (Union africaine et les communautés économiques régionales – CER) et partenariats politiques. Les pays ACP ont tendance à se tourner vers le niveau régional pour relever les défis les plus urgents.
  • Le cadre ACP-UE n’est pas adéquat pour répondre effectivement et efficacement à l’agenda universel 2030.

Par conséquent, il est peu probable que des ajustements techniques, ayant pour but d’améliorer la mise en œuvre de l’Accord de partenariat de Cotonou, seront suffisants pour revitaliser la coopération ACP-UE. La pertinence du cadre en lui-même demeure la question fondamentale, tant sur les plans géographique, politique et institutionnel.

Au lieu de suivre la voie de la moindre résistance et de se concentrer sur une reformulation limitée de l’accord existant, l’étude de l’ECDPM suggère qu’explorer conjointement des options alternatives pourrait s’avérer dans l’intérêt de toutes les parties au sein de l’UE et des ACP.

Cela pourrait aboutir à des arrangements institutionnels plus légitimes et plus solides, alignés aux dynamiques de régionalisation et adaptés aux enjeux de la coopération internationale du 21ème siècle.


Experts disponibles pour un entretien


Geert Laporte, directeur adjoint de l’ECDPM

Jean Bossuyt, responsable de la stratégie de l’ECDPM

Pour plus d’informations ou pour obtenir un entretien, veuillez contacter Emily Barker via [email protected] ou au +32-474123473.


Notre travail



Notes à l’attention des rédacteurs


ECDPM, en tant que « centre de réflexion et d’action » indépendant, a été créé en 1986 avec l’objectif principal de promouvoir une coopération efficace entre les ACP et l’UE. Au cours des 30 dernières années, le Centre a travaillé en étroite collaboration avec les partenaires institutionnels et autres acteurs sur une grande variété de sujets liés aux ACP-UE, y compris le commerce, la coopération au développement et le dialogue politique.

Le Centre a réalisé des analyses substantielles sur divers aspects du partenariat ACP-UE et a servi de plateforme ouverte pour le dialogue lors du renouvellement périodique du partenariat.

L’étude se base sur des données analytiques et des entretiens avec des acteurs de l’UE et des ACP.

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