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Relations ACP-UE après 2020 : se tourner vers l’avenir ou prolonger le passé ?

Cette page est également disponible en: Anglais

October 2017

Bossuyt, J., Keijzer, N., Medinilla, A., Sherriff, A., Laporte, G., Tollenaere, M. de. 2017. Relations ACP-UE après 2020 : se tourner vers l'avenir ou prolonger le passé ? Maastricht : ECDPM.

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Le mois de septembre 2018 devrait marquer le coup d’envoi des négociations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) sur le mode d’organisation de leurs relations après la fin de l’Accord de partenariat de Cotonou (APC). L’UE est en train de préparer son mandat de négociation à partir de la communication conjointe du 22 novembre 2016 dans laquelle la DEVCO et le SEAE ont dévoilé leur option de prédilection pour l’avenir. Dès le départ, l’UE a insisté sur le fait qu’une simple reconduction de l’Accord de Cotonou – qui régit les relations ACP-UE depuis 2000 – ne suffirait pas à relever les multiples défis du monde actuel. L’examen de ce partenariat spécifique devrait par conséquent tester la capacité des institutions de l’UE et de ses États membres à demodifier leurs approches en matière d’action extérieure et de coopération au développement.

Cette note politique analyse les perspectives et les conditions d’un tel changement. Elle débute par une brève analyse des éléments contextuels qui expliquent pourquoi et comment le partenariat ACP-UE a progressivement perdu sa place dans l’action extérieure de l’UE et ce qu’il en découle pour la négociation d’un nouvel accord au-delà de 2020. Elle examine ensuite les principaux éléments constitutifs de l’option de prédilection (l’ accord-cadre) proposée par l’UE. Elle évalue en quoi cette proposition permet effectivement de réaliser les ambitions affichées par l’UE, à savoir la mise en place d’un partenariat politique revigoré, en phase avec les défis mondiaux et régionaux, à la hauteur des intérêts de l’UE et porteur d’une aide plus efficace au développement.

Il ressort de cette confrontation avec la réalité des faits que l’UE n’est pas disposée à franchir le Rubicon dans ses relations de longue date avec l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique. Elle propose néanmoins des innovations indispensables telles que l’approfondissement de la régionalisation, la modification des processus de prise de décision, une mise en œuvre aux niveaux et avec les acteurs les plus pertinents, une portée élargie à des pays non ACP et l’adoption de nouveaux moyens de mise en œuvre.

Tous ces changements positifs restent cependant liés et soumis à la préservation d’un cadre général ACP, d’institutions et d’un ensemble de règles connexes, dont la pertinence, la légitimité, l’efficacité et la durabilité ont été sérieusement remises en cause par la pratique des dix dernières années. Le problème avec le scénario de prédilection sous sa forme actuelle, c’est qu’il cherche à faire du neuf avec du vieux plutôt que d’affronter les courants contraires d’une modernisation du partenariat – en particulier avec l’Afrique – afin de l’aligner sur les réalités géopolitiques du XXIe siècle, sur les nouveaux agendas mondiaux et sur l’évolution de l’action extérieure de l’UE.

Pour finir, cette note envisage d’autres alternatives, au regard du déplacement manifeste du centre de gravité vers les régions. Ces alternatives reconsidèrent le rôle et la configuration du cadre général ACP-UE, font le lien avec le débat sur les futurs instruments de financement de l’UE, examinent les systèmes de gouvernance pour une plus grande inclusivité et proposent de sortir le débat de son carcan en profitant notamment du prochain sommet Afrique-UE pour discuter ouvertement de l’avenir du partenariat.


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